La Conférence des trois régions d’Afrique 2026 met en lumière l’articulation entre l’État de droit et la liberté religieuse

Des responsables des milieux juridique, gouvernemental, universitaire et religieux se réunissent pour discuter des leçons tirées et des voies à suivre pour l’Afrique

Johannesburg a été le centre d’un important dialogue juridique et interreligieux le 8 août 2026, lorsque la région Afrique australe de la J. Reuben Clark Law Society (JRCLS) a accueilli la Conférence des trois régions d’Afrique 2026 sous le thème « L’État de droit en Afrique : leçons tirées et voies à suivre ».

Organisée en format hybride dans la salle de la chapelle de Bedfordview de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, à Johannesburg, en Afrique du Sud, la conférence a réuni des professionnels du droit, des universitaires, des juges, des représentants des pouvoirs publics, des responsables religieux et des étudiants pour réfléchir à la manière de renforcer l’État de droit tout en préservant la liberté religieuse. Près de 100 participants étaient présents, tandis que près de 40 participants supplémentaires se sont joints en ligne depuis différents pays d’Afrique et des États-Unis.

Dorcus Marumo, responsable des événements de la JRCLS pour la région Afrique australe, a assuré la fonction de maître de cérémonie et a souhaité la bienvenue aux participants. Le discours d’ouverture a été prononcé par Siya Mkhize, président de la région Afrique australe de la JRCLS, qui a présenté le thème de la conférence et invité les participants à réfléchir à la relation entre l’État de droit et la liberté religieuse. Il a souligné que ces deux principes se renforcent mutuellement dans une société libre et démocratique.

Frère Carlos A. Godoy, président de la région Afrique australe de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, a lancé la discussion en soulignant que la religion fait partie du socle moral de la société et doit être préservée. Il a souligné l’étroite relation entre les sociétés qui respectent les pratiques religieuses et celles qui respectent l’État de droit.

Le discours principal a été prononcé par la juge Lebogang Modiba, présidente adjointe par intérim de la Haute Cour d’Afrique du Sud, division du Gauteng, et juge de la Cour électorale. Elle a parlé de l’importance de l’indépendance judiciaire en Afrique du Sud et dans toute l’Afrique, soulignant que l’État de droit doit fonctionner sans préjugés ni ingérence politique. Tout en reconnaissant les progrès réalisés dans la protection des droits fondamentaux de la personne, la juge Modiba a appelé à une vigilance constante afin de garantir l’accès à la justice et la protection des libertés fondamentales, notamment la liberté religieuse.

Une série d’intervenants invités a ensuite présenté des points de vue comparatifs provenant de différents pays du continent. La docteure Jostina da Graça, directrice nationale adjointe des affaires religieuses du Mozambique, a expliqué que la liberté religieuse n’est pas une concession accordée par l’État, mais un droit fondamental de la personne. Elle a indiqué que la Constitution du Mozambique protège le droit de croire, de ne pas croire, de changer de religion et de pratiquer sa foi individuellement ou collectivement, ajoutant que les communautés religieuses sont à la fois bénéficiaires et gardiennes de cette liberté.

Le professeur Shaun de Freitas, de l’Université de l’État libre, a traité de l’autonomie des associations et du rôle du droit dans la famille, les associations religieuses, le droit constitutionnel et l’État de droit. Il a souligné que l’autonomie religieuse est un élément important de la démocratie constitutionnelle et qu’elle contribue à protéger les personnes et les communautés contre les abus de pouvoir de l’État ou d’autres entités.

Wellington Magaya, président du chapitre zimbabwéen de la JRCLS, a réfléchi à l’importance de l’État de droit dans une société démocratique, particulièrement lorsque l’indépendance judiciaire fait l’objet d’un examen attentif. S’appuyant sur les évolutions constitutionnelles récentes au Zimbabwe, il a indiqué que l’incertitude politique peut mettre les institutions juridiques à l’épreuve, tout en affirmant que la liberté religieuse reste fortement protégée par la Constitution du Zimbabwe.

Lloyd Allen, conseiller juridique régional de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours pour la région Afrique australe, a apporté une perspective juridique internationale sur la situation de la liberté religieuse dans cette région. La séance a été suivie d’une période de questions animée par Trevor Keyes, président du chapitre sud-africain de la JRCLS, ce qui a permis aux participants d’approfondir les questions juridiques et pratiques soulevées.

Après le déjeuner, la dernière séance a été présidée par Wonga Simayile. Maître Sphelele Zulu, responsable des enquêtes à la Commission pour la promotion et la protection des droits des communautés culturelles, religieuses et linguistiques (Commission des droits CRL), a présenté l’expérience de l’Afrique du Sud dans l’équilibre entre la liberté religieuse et l’autoréglementation des Églises. Elle a expliqué qu’au lieu d’imposer un régime de délivrance de licences par l’État, la Commission a encouragé les communautés religieuses à établir et à faire respecter leurs propres normes dans le cadre d’un dispositif favorable.

Liesl Pretorius, responsable juridique de Freedom of Religion South Africa, a présenté le thème « La responsabilité sans autorisation », en exposant un projet de cadre d’autoréglementation pour le secteur chrétien. Sa présentation a encouragé la collaboration entre les organismes religieux et les pouvoirs publics afin de promouvoir la transparence et la responsabilité tout en protégeant la liberté de religion.

Khanyisani Zitumane, président du chapitre étudiant sud-africain de la JRCLS, a apporté à la discussion une perspective issue de la jeunesse, en parlant des difficultés auxquelles les jeunes sont confrontés alors qu’ils se préparent à un avenir où la liberté religieuse et l’État de droit devront coexister pacifiquement.

La conférence s’est conclue par une table ronde dynamique animée par le professeur Werner Nel, de l’Université de Johannesburg, à laquelle ont participé la docteure da Graça, le professeur de Freitas, Maître Zulu et Madame Pretorius. Les intervenants ont réfléchi aux leçons tirées et aux voies pratiques permettant de renforcer à la fois l’État de droit et la liberté religieuse dans toute l’Afrique. Les principaux thèmes abordés comprenaient la poursuite de la collaboration, l’éducation juridique, l’intégrité institutionnelle et le respect des droits fondamentaux de la personne.

L’événement a souligné l’engagement de la Law Society à réunir des avocats, des juges, des étudiants, des universitaires, des représentants des pouvoirs publics et des responsables religieux pour soutenir les libertés fondamentales. En créant un espace propice au dialogue constructif entre les différentes juridictions et les divers milieux professionnels, la JRCLS continue de promouvoir le respect de l’État de droit et la protection de la liberté religieuse dans toute l’Afrique.

Les organisateurs ont exprimé leur reconnaissance à l’équipe d’organisation de la Conférence des trois régions d’Afrique de la JRCLS, dont le dévouement a contribué au succès de l’événement, notamment à Siya Mkhize, Dorcus Marumo, Wongalethu Simayile, Trevor Keyes, Khanyisani Zitumane, Jill Jasperson et Zanele Zondi.